20/04/2017

[publication] LES BUDGETS DES FESTIVALS EN FRANCE EN 2016

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Caractéristiques et évolutions bugétaires

Focus "surcoûts sécurité" 2015-2016

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Le Centre National de la Chanson des Variétés et du Jazz (CNV) observe le spectacle vivant de musiques actuelles et de variétés depuis plus de 10 ans. Dans le champ des musiques actuelles, les festivals génèrent le tiers de la fréquentation payante et de la billetterie.

 
L'étude réalisée sur un panel d’une centaine de festivals et présentée dans le cadre du Printemps de Bourges, montre la capacité de ces manifestations à s’adapter mais également le contexte délicat dans lequel elles se trouvent.
 
En moyenne, les festivals sont âgés de 20 ans, durent 6 jours, génèrent 17 828 entrées payantes pour un prix du billet de 26 euros. Ils consacrent 30% de leurs charges à l’artistique, 43% à la technique, logistique, sécurité et 28% aux autres charges (communication, fonctionnement…). Ces poids varient sensiblement selon l’esthétique principale des festivals mais aussi en fonction des types de lieux investis par les manifestations (entre lieux aménagés et sites à aménager).
 
Entre 2014 et 2016, les charges artistiques se sont accrues de 6% par an en moyenne quand les charges techniques, logistiques et de sécurité croissaient de 7% par an et les autres charges perdaient légèrement en poids dans le total du fait d’une croissance plus modérée.
 
Comme pour les autres manifestations culturelles, les festivals ont dû faire face depuis l'année dernière à la nécessité de renforcer leurs dispositifs de sécurité. Le focus sur ces "surcoûts", issus des dossiers traités en 2016 dans le cadre du Fonds d'Urgence au Spectacle Vivant, les évalue en moyenne à 14K€ par jour. Il détaille ces charges supplémentaires et permet de constater qu'elles sont à 70% engendrées par l'augmentation de moyens humains et à 73% pour renforcer les mesures de contrôle et de surveillance.
 
Malgré les difficultés de l'année 2016, les festivals continuent à faire preuve de dynamisme avec une augmentation de leurs recettes propres de 7% par an entre 2014 et 2016 (+6% de billetterie, +14% bars/buvettes et concessions), qui représentent près des 2/3 du total de leurs produits. Ces nouvelles ressources, associées au développement et à la diversification des partenariats privés (+9% / an en moyenne, pour atteindre 15% du total de leurs produits en 2016), prouvent la capacité des festivals à rebondir.
 
Si le Fonds d'Urgence mis en place fin 2015 a permis de les soutenir dans la mise en œuvre de mesures de sécurité "d'urgence", les professionnels savent que ces surcoûts n'ont rien de conjoncturels et plus les manifestations sont modestes plus le poids budgétaire de ces surcoûts est important. Cette situation est aujourd'hui délicate pour bon nombre de manifestations qui doivent trouver les moyens de pérenniser les financements de ces charges devenues structurelles et cela dans un contexte où, pour la première fois, le CNV note une stabilisation voire une diminution du soutien des collectivités territoriales.