« Chanson » ? « Variétés » ? « Musiques actuelles » ?
De quoi parle-t-on à propos du CNV ?
L’intitulé de CNV a de quoi dérouter… « Centre National des Variétés » ? Mais alors pourquoi « Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz ? ». Et à propos des « Variétés », de quoi parle-t-on ?
L’intitulé « Chanson, Variétés, Jazz » renvoie aux origines du CNV : il a succédé à une association créée en 1986 à l’initiative du ministère de la Culture et des professionnels, dénommée le « Fonds de soutien Chanson, Variétés, Jazz ». Cette filiation explique la reprise de cet intitulé historique. Pour le reste, on comprendra qu’il est plus facile, phonétiquement parlant, de parler du « CNV » que du « CNCVJ »…
Mais le vrai débat est autour du mot « variétés ». Fort logiquement, le périmètre d’action du CNV est délimité par celui de la taxe qu’il perçoit : la « taxe sur les spectacles de variétés ». On doit donc s’en remettre à ce que les textes instaurant cette taxe prévoient.
En l’occurrence, les « variétés » sont définies par un décret (n° 2004.117 du 4 février 2004), qui vise « les tours de chant, concerts et spectacles de jazz, rock, de musique traditionnelle ou de musique électronique, … » sans oublier les spectacles d’humour (« sketches »), d’illusionnistes, aquatiques, sur glace,… et dans certains cas, les comédies musicales.
Les chiffres clés en 2009 :
- un budget réalisé de 24,170 millions d’euros.
- montant des facturations nettes de taxe : 20 millions d’euros.
- 1 million d’euros de produits des activités commerciales.
- 1 218 dossiers de demandes d’aides instruits.
- 1 031 projets aidés pour 17 millions d’euros d’aides attribuées.
Dernière précision importante : la production de variétés et musiques actuelles s’appuie sur deux piliers, d’un côté la scène (le « spectacle vivant » dans le jargon des professionnels) et de l’autre, la production discographique.
Même si de nombreuses et nécessaires interactions existent entre la scène et le disque, ils reposent cependant sur des législations et un tissu professionnel bien distinct. La « matière » du CNV, c’est le spectacle vivant, et uniquement lui.
S’il existe bien une histoire, un patrimoine d’une grande richesse, et disons-le une tradition de la chanson française mondialement reconnue, l’organisation professionnelle du secteur, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est fort récente. Elle ne remonte guère à plus de 30 ans.
Historiquement, les musiques qui relèvent du CNV se créaient et se diffusaient dans des lieux, plus ou moins prestigieux qui auront marqué l’âge d’or du Music Hall, des cabarets, des cafés concerts…
Le grand tournant des années 70 aura été marqué par l’apparition d’un nouveau métier, celui de producteur de spectacles, voyant l’apparition d’entreprises « sans lieux », dont l’objet est de réunir des moyens (artistiques, techniques, administratifs, financiers), au service de la production d’un spectacle. Cette nouveauté a profondément modifié la physionomie et l’économie du secteur. Sa structuration la plus récente est désormais assise sur trois grandes fonctions, correspondant aux trois catégories de licences que la loi exige pour exercer la profession (ordonnance du 13 octobre 1945 modifiée):
- « Exploitant de salle » (licence n°1).
- « Producteur, entrepreneur de tournée » (licence 2).
- « Diffuseur » (licence 3).
- des producteurs « nationaux ».
- des producteurs « locaux », agissant comme diffuseurs de spectacles produits par les « nationaux ».
- des exploitants/directeurs de salles de spectacles, avec toutes les nuances entre des salles strictement limitées à l’accueil (licence 1) et des salles qui exercent en plus des fonctions de diffuseur (licence 3), voire de producteur (licence 2).
- des organisateurs de festivals, agissant essentiellement comme diffuseurs (licence 3).
Le CNV, et avant lui le Fonds de soutien, ont accompagné cette structuration récente.
Par le biais de l’affiliation et des mécanismes de perception et de redistribution de la taxe, le CNV joue un rôle central de régulation de ce secteur fragile, composé de multiples entreprises de taille modeste, confrontées aux risques de la production, et aux pertes qu’ils peuvent générer. Le CNV joue ainsi un rôle comparable à celui d’autres établissements publics qui l’ont précédé dans le champ de la culture, comme le CNC, dans le domaine du cinéma, ou le CNL, dans celui de l’édition.